La bise en France : Combien, quelle joue et comment survivre à ce rituel ?

Mise à jour le 15 février 2026

C’est le cauchemar des touristes et le sujet de débat éternel des repas de famille : la bise. En France, dire « bonjour » n’est pas qu’une simple formalité verbale, c’est une chorégraphie sociale complexe.

nombre de bises en France

Deux, trois, quatre bises ? On commence à droite ou à gauche ? Et surtout, fait-on toujours la bise après la pandémie de Covid ?

Si vous avez déjà tendu la joue dans le vide ou manqué de télescoper le nez de votre interlocuteur, ce guide ultime de la bise est fait pour vous.

Combien de bises pour dire bonjour : la géographie du bisou

Contrairement à ce que pensent beaucoup d’étrangers, le « double bisou » parisien n’est pas la règle absolue. Le nombre de bises varie considérablement selon les régions, transformant la carte de France en un véritable patchwork de traditions.

2 bises : La norme nationale (ou presque)

C’est la configuration la plus courante. Elle prédomine à Paris, en Île-de-France, dans le Nord, en Alsace, en Bretagne (sauf dans le Finistère), en Aquitaine et sur la Côte d’Azur. C’est le choix le moins risqué si vous êtes dans le doute.

1 bise : L’exception bretonne et… rapide

Dans le Finistère (pointe de la Bretagne) et parfois dans les départements limitrophes, une seule bise suffit souvent. C’est aussi une pratique qui se répand chez les jeunes ou entre collègues pressés : c’est efficace, rapide et sans fioritures. Nos voisins belges sont aussi adeptes de la bise unique.

3 bises : Le sud chaleureux et le Massif central

C’est là que les choses se corsent. Dans une grande partie du Languedoc (Montpellier, Nîmes), de la Provence (Vaucluse, Drôme), mais aussi dans le Massif Central et jusqu’en Auvergne, la coutume est souvent de trois bises. C’est un rythme ternaire qu’il faut savoir tenir !

4 bises : Pour les endurants

Cette tradition, qui tend à reculer, résiste encore dans certaines zones du Grand Ouest (Pays de la Loire, Sarthe) et de l’Est (Haute-Marne, Bourgogne). C’est un rituel convivial, souvent associé aux milieux ruraux ou populaires, où l’on prend le temps de se saluer.

5 bises ?

C’est extrêmement rare, mais cela peut arriver en Corse ou dans le nord de la France lors de grandes réunions de famille. À ce stade, c’est presque de l’endurance.


Le saviez-vous ? Le site collaboratif Combiendebises a depuis longtemps cartographié ces usages grâce aux votes des internautes, confirmant que les frontières de la bise ne respectent pas toujours les frontières administratives.

combien de bises pour se dire bonjour

Droite ou Gauche : Éviter l’accident diplomatique

Une fois le nombre défini, reste la question cruciale : quelle joue tendre en premier ? Se tromper, c’est risquer le « bisou sur la bouche » accidentel ou le choc frontal.

  • Joue Droite : Dans la majorité du territoire (Nord, Ouest, Centre, Paris), on tend d’abord la joue droite (pour que l’autre embrasse votre joue droite).
  • Joue Gauche : Le Sud-Est et le Sud-Ouest font souvent bande à part. À Montpellier, Marseille ou Toulouse, il est fréquent de tendre la joue gauche en premier.

Astuce : Observez l’inclinaison de tête de votre interlocuteur une demi-seconde avant l’impact pour ajuster votre trajectoire.

Qui fait la bise à qui ? Les codes sociaux

La bise est un marqueur social puissant.

  • Entre femmes : Systématique dans un cadre amical ou familial.
  • Entre hommes et femmes : La norme, sauf dans un cadre professionnel très formel où la poignée de main reste de mise.
  • Entre hommes : Longtemps réservée à la famille proche (père-fils, frères), la bise masculine s’est largement démocratisée, surtout chez les jeunes générations et dans le Sud de la France. C’est un signe d’amitié virile qui remplace la poignée de main.

On note aussi une différence de « style » : la bise « aérienne » des milieux bourgeois (on s’effleure à peine, on fait le bruit du bisou) s’oppose à la bise « appuyée » ou claquée des milieux plus populaires.

L’impact du Covid-19 : La bise est-elle morte ?

La pandémie de 2020 a marqué un coup d’arrêt brutal. Du jour au lendemain, la bise est devenue un geste « à risque ». Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

La bise n’a pas disparu, mais elle est devenue sélective.

  1. Au travail : Elle a massivement reculé. Le « check » du coude ou du poing, voire le simple « bonjour » verbal, est devenu la norme en entreprise.
  2. En privé : Elle a fait son grand retour. On embrasse à nouveau famille et amis proches.
  3. L’automatisme a disparu : On ne tend plus la joue machinalement à un inconnu en soirée. On demande souvent : « On se fait la bise ? » avant d’agir.

Un peu d’histoire…

Pourquoi s’embrasse-t-on ainsi ? L’origine remonterait aux Romains qui distinguaient le saevium (baiser amoureux), l’osculum (baiser amical/religieux) et le basium (baiser de courtoisie). Interdite au XIVe siècle à cause de la Grande Peste, la bise a longtemps été jugée impudique. Elle a fait un retour en force après Mai 68, devenant un symbole de décontraction face à la rigidité bourgeoise de la poignée de main.

En résumé

Si vous voyagez en France, retenez ceci : dans le doute, faites deux bises en commençant par la droite. Si votre interlocuteur s’arrête, arrêtez-vous. S’il continue, souriez et suivez le mouvement. Après tout, c’est aussi ça, le charme de la culture française !

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