La réserve parlementaire est une somme d’argent dont chaque député et sénateur dispose pour subventionner ou financer des projets ou des associations de son choix. Les mauvaises langues parlent de clientélisme se matérialisant par la distribution d’argent aux bons copains du député en vue d’assurer sa réélection. Pour l’année 2013 ce sont plus de 80 millions d’euros d’argent public qui a ainsi été distribué sans le moindre contrôle par les 577 députés. Chacun ne dispose pas de la même réserve. Son montant dépend du nombre d’habitants dans la circonscription du député et d’autres critères d’attribution très opaques. Les disparités des montants sont énormes. Ce système me fait un peu penser aux écus d’or que le roi et les nobles faisaient jeter à leur passage pour contenter et se faire aimer des gueux peuplant leurs terres.
Jusqu’à hier (29 janvier 2014) le détail de la réserve parlementaire alloué et distribué par chaque député était un secret mieux gardé que le code nucléaire. Cette situation est en train d’évoluer puisque la répartition de la réserve parlementaire pour l’année 2013 est accessible sur le site de l’Assemblée nationale. Via l’utilisation d’un moteur de recherche, on accède pour chaque député aux détails des bénéficiaires des sommes allouées, aux montants respectifs et aux départements bénéficiaires. L’opération transparence est certes louable pour qui aura le courage d’éplucher le détail du tableau. À mon avis, la meilleure solution consisterait à supprimer cette prérogative régalienne qui n’a pas lieu d’être à notre époque.
En interrogeant un peu au hasard et malicieusement le moteur de recherche, il est amusant de constater que le député Woerth, grand connaisseur de chevaux et en vente hippodrome à prix d’ami, subventionne pour 10 000 euros le Jumping de Chantilly, que l’inénarrable député Balkany verse l’intégralité de sa réserve parlementaire d’un montant de 110 000 euros à l’association sportive Levallois Sporting Club, commune dont il est le maire, que le député Moudenc en lice pour devenir maire à Toulouse subventionne certainement à titre désintéressé un nombre important d’associations du troisième âge de Toulouse, etc., etc.

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Au-delà du rire un peu jaune que provoquent certaines donations improbables à des associations à l’intitulé évocateur, chacun y trouvera probablement de quoi s’interroger sur le maintien de cette anomalie féodale propre à susciter toutes les suspicions et encourager bien des dérives peu démocratiques.
Sources : Assemblée nationale – via Les Echos

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Article rédigé par Eric Weyland